Génétique, article autosomique récessif

Signification clinique

De nombreux troubles sont hérités de manière autosomique récessive. Parmi les troubles les plus connus, citons la mucoviscidose, la maladie de Tay-Sachs, la drépanocytose et la thalassémie.

La mucoviscidose (CF) est une maladie autosomique récessive qui est causée par une mutation du gène CFTR situé sur le chromosome 7. Cette maladie systémique survient dans environ 1 naissance blanche sur 1000, et environ 1 personne sur 30 est porteuse d’un allèle de la maladie. La FK affecte les glandes exocrines, notamment le pancréas, les glandes sudoripares et salivaires, et entraîne une incapacité à sécréter du chlorure à la surface des cellules. Les patients souffrent donc souvent d’infections pulmonaires, d’insuffisances pancréatiques, voire d’infertilité. Les porteurs de cette maladie ne sont pas affectés sur le plan phénotypique car la quantité de protéine produite par un seul allèle fonctionnel assure un transport suffisant des ions chlorure à travers les membranes apicales à la surface des cellules. En revanche, les patients présentent deux allèles pathologiques.

La maladie de Tay-Sachs est un autre trouble autosomique récessif bien connu à apparition précoce qui résulte d’une mutation du gène HEXA. Le gène HEXA code pour la protéine hexosaminidase A, qui est présente dans les lysosomes. Une déficience en hexosaminidase A entraîne une accumulation de gangliosides dans le cerveau et provoque ainsi des lésions cérébrales et spinales. Comme dans le cas de la mucoviscidose, les porteurs de cette maladie ne sont pas affectés sur le plan phénotypique. Un allèle HEXA de type sauvage peut produire suffisamment d’enzyme hexosaminidase pour cliver les gangliosides dans le cerveau. Ces personnes sont donc considérées comme haplo-suffisantes, la moitié de l’activité enzymatique étant suffisante. Les personnes qui possèdent deux allèles de la maladie sont affectées. Les bébés atteints de ce trouble ne peuvent souvent pas tenir leur tête en l’air, peuvent souffrir de démence, d’une réaction de sursaut, de cécité et même de mort précoce. Cette maladie est plus répandue dans la population juive ashkénaze, les Canadiens français et les Cajuns de Louisiane.

Les hémoglobinopathies sont également des troubles AR relativement fréquents. La drépanocytose et les alpha et bêta-thalassémies affectent l’hémoglobine et sa capacité à transporter l’oxygène. Chez les patients atteints de drépanocytose, la mutation donne à l’hémoglobine une forme différente qui n’est pas aussi propice au transport de l’oxygène. Ces molécules d’hémoglobine se polymérisent en longues chaînes qui donnent aux globules rouges leur forme de faucille. Ces globules rouges n’ont pas la même déformabilité que les globules rouges normaux et restent donc coincés dans les petits vaisseaux sanguins. Les personnes atteintes présentent des traits caractéristiques tels que la splénomégalie, l’anémie et le gonflement des membres dû à l’occlusion des vaisseaux sanguins. Chez les patients atteints de thalassémie, la production relative des chaînes d’alpha et de bêta-globine est altérée, ce qui nuit à l’assemblage de la molécule d’hémoglobine ; il n’y a donc pas assez de molécules pour transporter l’oxygène. Ces individus présentent de manière caractéristique une anémie microcytaire, un essoufflement, une hépatosplénomégalie.

La drépanocytose présente également une dominance incomplète et une haplo-insuffisance. Les individus porteurs d’un seul allèle de la maladie (hétérozygotes) présentent un trait intermédiaire (trait drépanocytaire) qui se situe phénotypiquement entre non affecté (allèle normal homozygote) et sévèrement affecté (allèle de la maladie homozygote donnant lieu à une anémie falciforme). Ces personnes ne sont pas considérées comme totalement non affectées, d’où la dominance incomplète. Les hémoglobinopathies sont les plus répandues parmi les populations africaines et les populations subtropicales où sévit le paludisme car les porteurs de ces gènes ont une protection contre le paludisme.

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