Sclérotique bleue secondaire à une anémie ferriprive sévère

Points d’apprentissage pour les cliniciens

La sclérotique bleue dans l’enfance pourrait représenter une maladie génétique telle que l’ostéogenèse imparfaite, mais la présence de sclérotique bleue chez les patients adultes devrait alerter les médecins sur la possibilité de la présence d’une carence en fer sévère et guider la prise en charge de manière précoce.

Rapport de cas

Un homme de 54 ans s’est présenté avec une histoire d’une semaine de vertiges, aggravés en position debout, une faiblesse généralisée et une diminution de la tolérance à l’exercice. Il avait des antécédents d’hypertension et de maladie rénale chronique. Il a nié toute douleur thoracique, tout essoufflement, toute douleur abdominale, toute nausée, tout vomissement, toute diarrhée, toute palpitation, toute dysurie, toute hématurie, toute hématochézie, toute hématémèse, tout méléna, toute constipation, toute faiblesse ou tout engourdissement des extrémités, toute modification de la parole ou de la vision, toute incontinence, toute toux, toute fièvre, tout frisson, toute hémoptysie, tout enrouement, toute bave, toute respiration sifflante, toute anomalie des habitudes intestinales et vésicales. Le patient a également noté le développement d’un œdème bipède. Il n’avait pas d’allergies médicamenteuses connues et prenait de l’Aripiprazole pour des troubles de l’humeur. Il n’avait pas d’antécédents chirurgicaux et niait toute consommation de drogue ou d’alcool.

L’examen physique a révélé une peau pâle avec un léger ictère, une sclère teintée de bleu (figure 1). Le reste de l’examen physique était par ailleurs sans particularité, à l’exception d’un œdème pédieux bilatéral et du signalement de vertiges lors du passage de la position couchée à la position assise. Les signes vitaux au moment de la présentation étaient les suivants : tension artérielle de 99/48 mmHg, fréquence cardiaque de 81 battements par minute, fréquence respiratoire de 17 respirations par minute, température de 97,6 °F, glycémie au doigt de 131 et saturation en oxygène de 100 %. Les tests de laboratoire ont montré une anémie sévère avec les valeurs suivantes : Hémoglobine et hématocrite H/H de 2,8 g/dl/10%, taux de fer de 7 μg/dl, azote uréique du sang de 75 mg/dl, créatinine de 8,1 mg/dl, nombre de réticulocytes de 1,13%, ferritine de 11,80 ng/ml, haptoglobine de 204 mg/dl, transferrine de 356 mg/dl, TIBC 411, vitamine B12 de 1725 pg/ml et folate de 8,08 de ng/ml.

Figure 1

Sclère teintée de bleu secondaire à une anémie ferriprive sévère.

Figure 1

Sclère teintée de bleu secondaire à une anémie ferriprive sévère.

Le patient a été admis à l’hôpital, a reçu une transfusion sanguine et a commencé à prendre des suppléments de fer. Ses symptômes se sont améliorés en même temps qu’une amélioration significative de la couleur de sa sclère et de son H/H au fil du temps.

Les changements scléraux sont associés à des maladies systémiques et à des conditions métaboliques telles que l’anémie, les maladies du foie et l’ostéogenèse imparfaite.1-3 Ces changements comprennent la pâleur, la sclère teintée de bleu et l’ictère scléral. Il existe des rapports concernant l’association de la sclérotique bleue à la carence en fer chez les enfants et les adultes. La sclérotique bleue secondaire à une carence en fer a été signalée pour la première fois par Sir Osler4, puis par Barton et Friedman2, Kalra et al.3,5 et Beghetti et al.6 Barton et Friedman2 ont tenté de valider l’association entre la sclérotique bleue et l’anémie ferriprive chez les nourrissons et les jeunes enfants. Kotsev L et al.7 ont étudié des patients adultes atteints d’anémie dont la carence en fer était avérée et ont constaté que la présence de sclérotique bleue avait une sensibilité de 89 %. La présence d’une sclérotique bleue devrait alerter les médecins sur la possibilité de la présence d’une carence en fer sévère et guider la prise en charge de manière précoce.

Conflit d’intérêt : Aucun n’a été déclaré.

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